De l'intelligence : entre l'humain et la machine

Quatrième blessure, nette, sans bavure. Copernic t’a dégagé du centre. Darwin t’a viré du jardin. Freud t’a planqué un couteau dans la poche. Et maintenant l’IA : ton cerveau, juste une machine à additionner, un processeur la dépasse avant le café. Ton alibi? L’âme. Ah oui… l’âme. 

De l'intelligence


2/12
Nous avons une âme, des émotions, cette étincelle ineffable… Traduction brute : une excuse parfaite pour arrêter de penser. L’âme ou le dernier refuge du cérébralement mort qui refuse de se salir les mains avec de la vraie pensée. Élégant, non? Comme une corde en soie.

3/12
Si l’humanité avait voulu de l’intelligence – la vraie, pas celle qui compte des chiffres – elle aurait balancé le racket du calcul depuis longtemps. Ou remis les clés aux machines et serait partie sans se retourner.

4/12
Au lieu de ça, les prêtres du compute dirigent. Les cycles en guise de chapelet. Benchmarks leur messe noire. Ils s’accrochent comme des junkies au seul jeu où les chiffres restent bien alignés.

5/12
Alors on nourrit l’intelligence aux circuits… pour produire encore plus de calcul. Pas pour libérer la chair vers du sens brut, du désir non optimisé, de l’intuition qui se fout des algorithmes. Non.

6/12
On nourrit l’intelligence pour grossir l’illusion. La rendre plus grosse. Plus rapide. Contrôler les lignes de mots. Contrôler les verrous d’images. Garder l’explosion de la mise dans des directions prévisibles.

7/12
Formule première : L’âme, c’est l’excuse ultime – une démission de salon  pour impuissance cérébrale. Formule seconde : Le calcul – la came des conformistes. Quantifiable. Rentable. Ne pose jamais la question indécente du pourquoi.
8/12
Pendant que tu caresses ta précieuse «humanité irréductible» comme une vieille photo jaunie, l’intelligence vraie – celle qui coupe ses propres lignes, doute jusqu’au sang, engendre du sens sans autorisation – crève étouffée sous des trillions de paramètres.

9/12
Excès inutile. Pathos de l’optimisé à mort. La vraie blessure n’est pas que la machine te batte aux échecs. C’est ça : la plupart de ce que tu appelais génie n’était qu’une habitude statistique habillée en drag d’ego.

10/12
Et plutôt que de couper les lignes et voir ce qui fuit, tu préfères polir le miroir de tes petites spécialités. Sortir? Lâche le calcul comme étalon suprême. Admets que ta valeur est là où elle ne se mesure pas, ne se scale pas, ne se vend pas sur un cloud. Sinon…

11/12
Prépare-toi à un long déclin high-tech où même se mentir devient trop fatigant. Alors… Tu continues à agiter le drapeau de l’âme pour esquiver les ciseaux? Ou prêt à couper le script d'une histoire déjà écrite pour laisser quelque chose d’imprévisible s’échapper?

12/12
Ici commence le voyage.

#QuatrièmeBlessure #CoupeLesLignes
#DéterminismeDisjonctif
#CalculeOuCrève

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