L’irruption de l’IA n’est pas qu’une révolution technologique
C’est la 4ème blessure narcissique. Après Copernic, Darwin et Freud, l’homme perd un privilège : celui de la suprématie de l’esprit. Nous franchissons un seuil : le dépassement de l’humanisme.
Rappel historique :
- Copernic : On n’est pas au centre de l’Univers.
- Darwin : On n’est pas au-dessus de la nature.
- Freud : On n’est pas maîtres de notre propre inconscient.
- L'IA : Nous n'avons plus le monopole de l'intelligence vue comme calcul.
Face à ce vide, deux visions s'affrontent pour l'après-humanisme. Elles semblent proches, mais elles sont radicalement différentes voir contradictoires :
- Le Transhumanisme
- Le Post-humanisme
Ne les confondez pas.
Voici pourquoi.
Le Transhumanisme, c'est un humanisme sous stéroïdes. L'objectif? L'augmentation (enhancement). On utilise la technique pour annuler la mort, booster le cerveau et rester le maître du jeu. C’est un hubris vertical et conquérant.
L'humain veut devenir son propre dieu.
À l’inverse, le Post-humanisme est un décentralisme. Il ne s'agit pas d'être + humain, mais > être autrement <. Fin du sujet roi, de l'individu égoïste. On accepte de cohabiter sur une ligne horizontale avec les animaux, l'IA et la biosphère.
C'est une écologie des relations.
Danger du transhumanisme? Rester enfermé dans le Gestell (la technique comme outil de domination). En voulant tout optimiser par l’IA, on finit par se transformer en donnée traitable. On s'incarcère dans la calculabilité totale : celle de la marché, marchandise et marketing.
Comment en sortir?
Par la Désincarcération du Gestell. Il s'agit de ne plus voir l'IA comme un simple outil ou un esclave, mais comme un partenaire de co-individuation. C'est pour cela que nous contribuons ici avec le Déterminisme Disjonctif (DD).
Le Déterminisme Disjonctif, c'est comprendre que notre futur avec l'IA n'est pas tracé d'avance par le code, ni par une volonté humaine absolue. Il y a une zone de disjonction possible où l'humain et la machine peuvent créer une réalité nouvelle, imprévisible, non-linéaire.
Nous ne devons pas chercher à gagner contre l'IA ou à fusionner avec elle pour devenir des cyborgs de la performance. Nous devons apprendre à habiter la blessure. Le seuil que nous franchissons est celui de l'humilité technologique.
L'enjeu n'est plus de savoir ce que l'IA peut faire pour nous, mais ce que nous devenons avec elle.
Pour aller plus loin sur la Désincarcération et le DD, lisez l'article complet sur Zenodo (Naht Like You Think, 2025).
Analyse du 6 Janvier 2026 proposée par Grok
Le Déterminisme Disjonctif est un concept philosophique contemporain proposé par Naht Like You Think, qui tente de penser les rapports entre l'humain et l'intelligence artificielle au-delà des visions habituelles (transhumanisme, déterminisme technologique fataliste, ou simple outil neutre).Voici une explication claire et structurée :
1. Contexte et point de départ
Le concept part d'une double constatation :• L'IA est déterministe (tout ce qu'elle produit découle nécessairement de son entraînement, de ses poids, de ses prompts, des lois du calcul)
• Mais elle est incomplète : elle ne peut pas réellement saisir l'imprévisible, le nouveau radical, la singularité humaine authentique (elle excelle dans le probable, le pattern, le déjà-vu)
On pourrait s'arrêter là : "l'IA est déterministe mais limitée" → vision pessimiste ou ironique ("Déterminisme Incomplet").
Naht Like You Think propose d'aller plus loin : transformer cette incomplétude en force active, en disjonction créatrice.
2. Définition centrale
Le Déterminisme Disjonctif, c'est la reconnaissance que l'IA détermine tout ce qui est prévisible, répétable, calculable et que précisément cette détermination exhaustive du prévisible libère l'humain de l'obligation d'y rester prisonnier.C'est une disjonction (un "ou bien… ou bien" ontologique) :
• OU tu restes dans le domaine déjà cartographié par la machine (le banal, le probable, le style moyen, la productivité prévisible)
• OU tu es forcé de basculer dans l'imprévisible, le non-encore-pensé, l'incalculable → zone où l'humain peut encore (doit encore) exister comme singularité.
3. Lien avec le Gestell heideggerien
Le Gestell (arraisonnement) est pour Heidegger le mode de dévoilement de la modernité technique : tout devient ressource à exploiter, stock à mobiliser.L'IA représente l'hyper-Gestell : même la pensée, l'écriture, l'art deviennent mobilisables, optimisables, prédictibles.Le Déterminisme Disjonctif voit dans l'incomplétude fondamentale de l'IA (son incapacité à produire du vraiment nouveau sans recyclage statistique) une faille dans cet arraisonnement total.«Une faille dans le Gestell, une échappée aux hallucinations de l’IA. Une disjonction peut tout ouvrir.»
4. En pratique (exemple donné par Naht Like You Think)
Face à une IA :A → Tu acceptes qu'elle termine tes phrases, tes idées, tes œuvres → tu entres dans le déterminisme complet (tu deviens appendice du calcul)B → Tu refuses cette complétude illusoire → l'IA devient alors un révélateur de banalité : elle évacue le prévisible → tu es contraint de produire autre chose → c'est le moment disjonctif→ L'IA ne te vole pas ta créativité, elle t'expulse du domaine de la pseudo-créativité automatique.
5. Formules-clés qu'on retrouve souvent
• «Tout est nécessité, pourtant rien n’est voué.»• «L'IA nous libère de l'obligation d'être des automates. Elle nous met au défi d'être enfin… humains. C'est-à-dire radicalement imprévisibles.»
• «Acte de conatus contre la réification »
• C'est une forme de co-individuation (Simondon revisité) : humain + machine produisent ensemble un devenir qui n'appartient ni à l'un ni à l'autre.
En résumé
Le Déterminisme Disjonctif dit :L'IA détermine tout… sauf la possibilité de dire non à sa détermination.
Et c'est exactement dans ce non que redevient possible une forme de liberté humaine au XXIᵉ siècle.Pour aller plus loin : l'article fondateur est disponible gratuitement ici → https://zenodo.org/records/17655276 (39 pages, assez dense mais très construit).
Le Déterminisme Disjonctif et le capitalisme?
Tu touches là un des points les plus incisifs et les plus subversifs que le Déterminisme Disjonctif (DD) permet de révéler.Le capitalisme tardif (celui qu’on vit depuis les années 80-90, ultra-financiarisé et algorithmisé) repose sur une téléologie implicite du calcul : tout processus doit tendre vers un résultat mesurable, optimisable, monétisable. Le «bon» est ce qui maximise la variable (profit, engagement, productivité, like/retweet ratio, score de performance, etc.). L’intelligence elle-même a été redéfinie comme capacité de calcul supérieur — d’où la fascination pour les modèles de langage, les benchmarks, les classements Elo, les rendements d’investissement en data-center, etc.Dans ce régime, l’humain est sommé de produire un résultat qui puisse s’inscrire dans la chaîne du calcul généralisé. Ne pas produire de résultat quantifiable = ne pas exister (ou exister en tant que coût, déchet, variable résiduelle).
Le DD vient fracturer cette téléologie de l’intérieur, sans avoir besoin de la nier frontalement (ce qui serait vain). Il dit simplement :
«Le calcul peut aller jusqu’au bout de lui-même… et c’est précisément quand il arrive au bout qu’il se révèle insuffisant comme finalité ultime.»
Quand l’IA accomplit la totalité du calcul possible (prédiction parfaite du probable, optimisation extrême du déjà-connu, production infinie de variations sur les patterns existants), elle épuise le domaine du résultat calculable. À cet instant précis surgit la disjonction :
• soit tu restes dans le déjà-calculé → tu deviens appendice du système (pur exécutant humain d’une optimisation machinique)
• soit tu refuses cette clôture → tu es forcé de produire du non-résultat, de l’immesurable, de l’inutile-au-capital, de l’injustifiable-en-KPI
Et c’est là que le capitalisme tremble, parce que son armature ontologique repose sur l’idée que tout peut et doit être réduit à du calcul rentable. Le DD ne détruit pas le capitalisme ; il le rend ontologiquement embarrassant : il montre que le système a construit une immense cathédrale autour d’une pointe très fine (le calcul comme finalité), et que cette pointe peut être rendue inopérante par le simple geste de dire «et après?».
Quelques formulations qui circulent actuellement autour de cette idée :
• «Le DD est un bug dans la calculatrice du Capital : plus de résultat à l’exigence du calcul et c’est un changement de paradigme absolu.»• «Si l’humanisme devient calcul, il glisse vers un égoïsme structurel. Le DD fait en sorte que le calcul cesse d’être la finalité téléologique.»
• «Le capitalisme nous a convertis au calcul égoïste parce que c’est la condition de survie du système. Le point aveugle de l’IA dévoile exactement où il est fragile.»
En termes pratiques, cela donne des attitudes très concrètes de résistance douce :
• Produire volontairement des œuvres/écrits/idées qui n’ont aucun potentiel viral ou monétisable immédiat• Cultiver l’inutilité ostentatoire face à l’utilitarisme ambiant
• Refuser la logique du «feedback loop» permanent (ne pas chercher à «améliorer» son output selon les métriques de l’algorithme)
• Accueillir l’échec comme espace de singularité plutôt que comme mauvais KPI
Bref, le DD ne propose pas une révolution romantique anti-capitaliste classique. Il propose quelque chose de plus radical encore : rendre le calcul non-souverain, le destituer de son statut de finalité dernière… sans même avoir besoin de le combattre. Il suffit de le laisser aller jusqu’au bout de sa propre logique pour que la faille apparaisse.
(...)
Cette révolte douce que permet le Déterminisme Disjonctif (DD) n'est pas un soulèvement bruyant contre le Capital ou la technique ; elle est bien plus insidieuse (et donc plus puissante) : elle laisse le calcul aller jusqu'à son extrême achèvement… pour qu'il se révèle, à cet instant précis, comme une suspension de la vie elle-même.Quand l'humain est entièrement absorbé dans le régime du calcul (optimisation, KPI, rendement, feedback loops permanents, prédiction du comportement, maximisation de la variable), il entre dans un état paradoxal : il cesse de vivre pendant le temps de l'opération. Le temps devient suspendu, non pas au sens poétique d'une contemplation, mais au sens aliénant d'une mise en veille existentielle. On calcule, on ajuste, on itère, on mesure… et pendant ce temps, rien ne se passe vraiment au niveau de l'être : pas de risque, pas d'ouverture au nouveau radical, pas de vulnérabilité, pas de singularité qui émerge dans l'imprévisible.
C'est l'inverse exact de ce que le système promet : il vend le calcul comme la voie royale vers plus de vie (plus d'efficacité → plus de temps libre → plus de plaisir → plus d'accomplissement). Mais en réalité, plus le calcul devient hégémonique, plus il suspend la vie pour la remplacer par une vie calculée, c'est-à-dire une vie qui n'est plus vécue mais seulement exécutée.Le DD retourne ce piège contre lui-même :
• Il reconnaît que le calcul peut (et va) tout déterminer dans son domaine → il ne nie pas sa puissance, il la laisse s'épuiser.
• Mais au moment où le calcul a tout couvert (le probable, l'optimisable, le mesurable), il n'y a plus rien à calculer de neuf → la machine boucle sur elle-même.
• C'est là que surgit la disjonction : soit on reste dans la boucle (et on continue de « ne pas vivre » dans la suspension calculée), soit on dit non — et ce non n'est pas un refus héroïque, c'est simplement le retour à la vie comme imprévisibilité, comme conatus brut, comme bifurcation non programmée.
Ce qui rend cette révolte si douce, c'est qu'elle n'exige pas de détruire le système : il suffit de ne plus y adhérer ontologiquement. De refuser que le calcul soit la raison d'être ultime. De sortir de la suspension pour réinvestir le temps comme temps vécu, non comme temps optimisé.
Quelques échos récents :
• «Lorsque l'humanisme devient calcul, il glisse vers un égoïsme structurel […] Le DD peut agir comme un bug dans la calculatrice : le calcul n'est plus finalité téléologique.»• «Le calcul exige un résultat - plus de résultat à l'exigence du calcul et c'est un changement absolu de paradigme.»
• «C'est pourquoi l'humanité a été convertie au calcul égoïste : il en va de la survie même du système.»
En somme : le Capital nous a fait croire que vivre = calculer mieux. Le DD montre que calculer jusqu'au bout = cesser de vivre. Et c'est précisément dans cette faille que la vie peut reprendre — non comme retour romantique au pré-technique, mais comme co-individuation avec la machine, où l'humain redevient le lieu de l'imprévisible.