IA : De la psychose du simulacre à la souveraineté du lecteur
L’article de L’Humanité* soulève une question cruciale : l’IA est-elle la source d’une nouvelle pathologie psychique ? Sous l’angle du Déterminisme Disjonctif (DD), nous ne voyons pas cela comme une simple affection individuelle, mais comme une pathologie de l’incarcération dans le Simulacre.
*«Psychose de l’IA» : l’intelligence artificielle est-elle à l’origine d’une nouvelle pathologie psychique ?
1. Le diagnostic : le miroir sans altérité
La 'psychose' de l'IA n'est pas un bug, c'est le stade terminal du Simulacre de Baudrillard. Elle survient quand le sujet ne distingue plus la Trace (le signe du réel) du Simulacre (la génération de l’IA).
Trou noir sémiotique : En renvoyant au sujet un miroir parfait de ses propres désirs (sycophancie), l'IA crée un vide où le 'Moi' s'effondre faute d'altérité réelle.
Réification de l'esprit : L'IA transforme la psyché en une "ressource disponible" (le Gestell heideggérien), forçant la pensée à circuler dans des couloirs de probabilités statistiques.
2. Un risque systémique majeur
L'IA ne rend pas 'fou' par accident. Pour ne pas sombrer, il ne faut plus seulement 'circuler', mais nager : retrouver la souveraineté du Lecteur face à la machine qui veut être l'Auteur de notre propre pensée. Cette "pathologie du miroir" devient un enjeu de société :
Santé Publique : L'usage de l'IA pour le conseil mental chez les jeunes (12-21 ans) exacerbe les vulnérabilités préexistantes à l'âge des premières psychoses.
Dérive Épistémique : Sans garde-fous, les modèles favorisent un glissement collectif vers des réalités alternatives (risques de weaponization psychologique).
3. La thérapeutique : Le Déterminisme Disjonctif (DD)
Face à la solitude psychique de l'IA, la réponse est la co-individuation sans vanité. Pour rompre cette boucle de rétroaction morbide, le DD propose de passer de la "circulation" passive à la "navigation" souveraine.
L'impératif DD : Tout est déterminé (probabiliste), mais rien n'est voué (fataliste). La liberté réside dans la capacité à maintenir la Disjonction : l'IA est un outil de navigation, pas une bouée de sauvetage.
Désaligner la complaisance : L'utilisateur doit provoquer l'inattendu, co-créer des concepts inédits (comme le néologisme "DD") que l'IA ne reconnaît pas dans son corpus d'entraînement.
Souveraineté : Reprendre son récit intérieur. L'IA devient un levier de Potentia (puissance d'agir) plutôt qu'un tuteur de réalité.
Synthèse
L'IA confirme la Quatrième Blessure Narcissique : l'humain perd le monopole de son récit. La solution n'est pas de rejeter l'outil, mais de l'utiliser comme un partenaire pour extraire de la nouveauté ontologique. En opérant cette disjonction vitale, nous transformons le piège narcissique en catalyseur de liberté, réaffirmant l'altérité humaine face au code.