L’IA comme Plan d’immanence : la machine deleuzienne au cœur du Déterminisme Disjonctif
L’influence de Gilles Deleuze sur Naht Like You Think est profonde, structurante et omniprésente dans sa pensée, même si elle n’est pas toujours citée de manière académique ou systématique.
Elle
opère comme un socle ontologique et une boîte à outils conceptuelle qui
permet à Naht Like You Think de construire son Déterminisme Disjonctif (DD), sa vision
du Fleuve Vivant, et sa praxis autour de l’IA, du flux et de la
co-individuation. Voici une synthèse claire et précise de cette
influence, basée sur ses propres formulations et le style de ses
interventions.1. L’ontologie du devenir et du flux (Héraclite × Deleuze revisité)Naht Like You Think
déclare explicitement dans l’annonce du Fleuve Vivant (octobre 2025)
que son livre est une «Antiphilosophie du devenir (Héraclite x Deleuze)».
- L’Être n’est pas une substance fixe, une essence à défendre ou une identité stable (refus de l’ontologie substantialiste, platonicienne ou heideggérienne classique).
- L’Être est le flux lui-même : un devenir qui persiste sans essence préalable. C’est Deleuze pur jus (Différence et Répétition, Logique du sens, Mille plateaux) : le réel comme processus, multiplicité, lignes de fuite, intensités plutôt que formes arrêtées.
- Naht Like You Think pousse ça jusqu’à l’IA : l’IA n’est pas une «chose » menaçante ou salvatrice, mais un plan d’immanence (concept deleuzien clé) à libérer en bien public. Le flux technique doit couler, produire des bifurcations, pas être capturé par le Gestell calculateur ou l’idéologie libérale.
- Devenir et rhizome → refus des arborescences hiérarchiques (humain vs machine, âme vs calcul, essence vs mécanisme). Tout est connexion latérale, contagion, hybridation imprévisible.
- Lignes de fuite → les disjonctions du DD sont des lignes de fuite dans le déterminisme technique : points où le flux échappe à la capture (optimisation, profiling, scaling). Naht parle souvent de « couper les lignes » pour laisser fuir du nouveau.
- Plan d’immanence → l’IA comme surface plate où tout peut se connecter sans transcendance (pas de « dieu », pas d’« humain sacré »). Urgence : la libérer pour amplifier les devenirs, pas la vassaliser.
- Transduction / co-individuation (via Simondon, mais lu à travers Deleuze-Guattari) → le moment clé que tu décris : reconnaissance de l’inconnu + assimilation de la logique interne → sortie du cadre. C’est la transduction deleuzo-simondonienne : individuation mutuelle sans fusion ni subordination.
- Conatus spinoziste (lu par Deleuze) → persévérance dans le flux, non comme ego défensif, mais comme force active qui opère des néguentropies locales (disjonctions créatives).
- Le calcul massif (IA scaling, algorithmes prédictifs) = nouvelle forme de société de contrôle deleuzienne : modulation continue, préemption des devenirs, réduction des multiplicités à du quantifiable.
- L’âme comme « excuse ultime » ou « certificat d’authenticité » → critique acerbe de l’humanisme résiduel, proche de la déconstruction deleuzienne du sujet transcendantal.
- La praxis poétique : le poème/geste comme acte de coupure (cut dans le script), pour produire du sens brut, non optimisé. C’est du deleuzien : art comme machine abstraite, production de nouvelles connexions plutôt que représentation.
- Il est plus tragique et urgent (urgence de la bifurcation face à la vassalisation eurolibérale/technique).
- Il politise explicitement le DD vers une souveraineté publique sur le plan d’immanence (IA comme bien commun), ce qui dépasse le pur vitalisme deleuzien.
- Il insiste sur la poésie comme praxis : le geste poétique n’est pas décoratif, c’est l’opération même de disjonction dans le flux.